Eléonore Emaldi se raconte

"Si vous me demandiez les premiers signes de mon attirance vers la mode, je vous répondrais que cela remonte à mon enfance : l’admiration que j’avais pour ma mère, ma première muse, avec ses tenues très féminines et raffinées. L’émerveillement lorsque nous regardions certains soirs les livres d’histoire de l’art, la précision des détails, l’association de couleurs dans les tableaux, le style, la densité et la force des architectures.

A l’école déjà, ma passion pour le dessin était sans limite je faisais des croquis sur mes cahiers de texte. Dans mes tenues vestimentaires, il en allait de même, j’avais mon look bien à moi, sans être influencée par les modes du moment.

Après un bac scientifique en Italie, je pars pour Paris, la ville lumière, pour étudier dans la plus ancienne et réputée des écoles, l’Ecole de la Chambre syndicale de la Couture Parisienne. Ce fut une véritable révélation pour moi. Le contact de toutes ces différentes matières me permettait, tout en apprenant, de canaliser mes aptitudes artistiques, ma sensibilité, mon sens de l’esthétique. Créer des toiles, en partant d’un croquis, et construire des volumes, des proportions pour ainsi passer de l’abstrait au concret, c’était tout simplement magique. J’étais séduite et stimulée.

Diplôme en poche, je débute dans l’atelier « Flou » chez Ungaro, fascinée par sa façon d’associer les belles matières. Plus tard, dans l’équipe de Gianfranco Ferré chez Dior, j'acquiers la maîtrise de l’architecture du tailleur. Enfin je réalise l’intégralité de la collection « Tasha » pour le compte de Laëtitia Scherrer.

A la suite de ces expériences marquantes, je prends la décision de lancer ma propre griffe en diffusant, deux fois par an, deux collections de prêt-à-porter à l’esprit très couture, silhouettes raffinées, tenues faciles à porter, réalisées en petites séries, en Italie. Très attirée par Saint-Germain-des-Prés, je déniche, pour ouvrir ma première boutique écrin, un espace ancien, chaleureux et raffiné, au 5 rue de Tournon, ce lieu historique et confidentiel de beaux hôtels particuliers et de vieilles pierres, où l’on trouve les métiers d’art du vrai Paris.

Cette belle adresse m’a permis de rencontrer des femmes sensibles à mon travail ; je les conseille, avec mes collaboratrices, comme des amies, en les valorisant tout en respectant leur personnalité.

L’autre grand plaisir de mon métier consiste dans le choix des matières, point de départ de toutes mes collections. Très inspirée par le tissage, les couleurs, les reflets, les impressions et le touché, les matières me renvoient à mon imaginaire en me donnant des sensations et des envies.

A chaque collection je crée un nouvel univers qui évolue avec moi et « l’air du temps » tout en restant le fil conducteur d’une belle histoire : ma vie, mon métier. "

La Parisienne